L'innovation du Groupe Serge Ferrari pour détruire les coronavirus des surfaces pilotée par Philippe Espiard, diplômé CPE Lyon-ESCIL 1989 : interview

Le Groupe Serge Ferrari a tout récemment développé et breveté une technologie appliquée à ses membranes composites pour détruire les coronavirus des surfaces, bénéficiant d'une large couverture presse.
Nous vous proposons une rencontre avec Philippe Espiard, diplômé CPE Lyon-ESCIL 1989, directeur Recherche et Développement du Groupe Serge Ferrari, qui a piloté la mise en œuvre de cette innovation.

Philippe Espiard, ingénieur CPE Lyon-ESCIL 1989, et Jonathan Rojon, ingénieur CPE Lyon-CGP 2006, ont piloté les récents travaux du Groupe Serge Ferrari autour de la technologie visant à éradiquer le coronavirus des surfaces.

Philippe Espiard, directeur Recherche et Développement du Groupe Serge Ferrari, revient pour nous sur cette innovation.

> En quoi consiste l’innovation mise en place ?

Notre innovation a consisté à intégrer des particules d’argent dans nos membranes. L’innovation ne vient pas simplement de l’intégration des particules mais comment on les intègre en surface de nos membranes composites. Nous sommes une société complètement intégrée, ce qui nous permet de maîtriser chacune des étapes de la conception de nos produits qui allie, chimie, formulation, physico-chimie et procédés.

Le laboratoire indépendant Virhealth de Lyon a évalué la performance virucide de la surface de nos nouvelles membranes suivant un protocole conforme à l’Iso 18184. Le laboratoire Virhealth a conclu qu’au bout de 15mn de contact en surface avec nos toiles, 95% des coronavirus sont détruits par rapport à une membrane non traitée, et après 60mn de contact, 99,5% des virus sont éliminés toujours par rapport à une membrane non traitée.

>  Comment est venue l’idée ?

Il est connu depuis l’Antiquité que l’argent-métal possède des propriétés germicides et bactéricides. L’argent, sous forme de nanoparticules, est d’ailleurs déjà utilisé dans le milieu médical pour ses effets antibactériens. A ce jour, des nanoparticules d’argent sont utilisées par exemple dans des pansements mais aussi dans des dispositifs médicaux qui sont par exemple des cathéters ou des implants orthopédiques, tout particulièrement pour limiter la formation de biofilm pathogène. L’argent est donc couramment utilisé pour ses propriétés bactéricides. Mais les bactéries et les virus sont des entités très différentes, que ce soit par la taille (les virus ont en moyenne une taille environ mille fois plus petite que celle des bactéries qui ont une taille minimale d’environ 1 µm), et par leur structure. Or, il a été constaté tout récemment que l’argent a également des propriétés antivirales.

C’est sur la base de ces travaux récents que nous avons développé notre invention. Elle consiste donc à proposer une membrane composite enduite d’un revêtement polymérique ayant une action antivirale grâce à la présence d’argent en sa surface tout en maintenant l’ensemble des autres propriétés de nos toiles (mécanique, ignifugation, durabilité etc…).

Ce type de membrane n’existe pas encore sur nos marchés et applications. Et nous avons fait le choix de ne pas utiliser de nanoparticules.

>  Comment vos équipes ont-elles travaillé pour arriver à ce résultat ?

La France étant confinée, la grande partie du travail expérimental a été conduit dans nos laboratoires de recherche en Suisse, que j’ai pilotés à distance avec certains de mes experts français.

Après avoir mis toutes ses unités de production et son personnel en sécurité, Serge Ferrari a relancé ses unités de production françaises à partir du 1er avril, ce qui nous a permis de conduire nos essais et l’industrialisation des produits sur nos 2 sites français et suisse.

> Est-ce que cette technologie va pouvoir être diffusée rapidement ?

Des productions ont d’ores et déjà été effectuées, des stocks constitués et des ventes ont commencées auprès de nos distributeurs. Nous sommes en capacité de répondre aux demandes dès maintenant.

Bien que ne faisant pas du tout partie de nos marchés traditionnels, nous avons décidé de lancer de nouvelles gammes de produits pour répondre aux besoins immédiats de la société.

Nous sommes également en train de préparer un nouveau modèle de commercialisation pour Serge Ferrari : le e-commerce, qui sera opérationnel à partir de la fin du mois de mai, il sera ouvert aux professionnels mais aussi aux particuliers.